PAR XAVIER MARTEL

Mardi matin, 13 décembre 2016

Mes bottes crissent sur le tapis blanc. L’allure est diminuée par le glissement. Difficile d’avoir une traction stable dans  un pied de neige. C’est beau pourtant, toute cette couverture blanche posée sur la surface des choses. Le sol est moelleux, les silhouettes des passants sont arrondies par leur gros manteau, l’air cependant est piquant et pénètre les poumons en les ravigotant, vivifiés par le froid. Les oiseaux chantent rarement, mais quand ils le font c’est tous ensemble.

Sur les trottoirs, le savoir-vivre prend une importance qui n’est pas nécessaire durant les autres saisons. Les sentiers tracés dans la neige étant étroits, il faut, en plus de jouer à l’équilibriste, laisser comme on peut le passage aux gens qui nous rencontrent en sens inverse.

Des muscles la plupart du temps ignorés se gonflent, les quadriceps étant plus motivés qu’à l’habitude. Enfin, c’est l’enchantement d’un départ, d’une saison nouvelle, faite d’odeur d’essence, de balle de neige, de glissades impromptues et des joies d’entrer se réchauffer aux comptoirs des cafés.

Les chats se font plus discrets, l’hiver, on remarque leurs traces, mais on les voit rarement en entier. Contrairement aux chaudes journées d’été, humides et ensoleillées, où ils paressent au soleil, maintenant, ils sont aux aguets, tapis, prêts à détaler à la première menace.

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