PAR XAVIER MARTEL

Vendredi matin, 25 novembre 2016

Allez les enfants, on va dehors ! – Yé, crie mon fils Louis. – Ouvre la porte, demande Clara. Hop ! Dans les escaliers intérieures, mon petit gars chante à tue-tête, de sa petite voix aiguë, des paroles incompréhensibles. Dehors, l’air est dense d’humidité. Nous pénétrons le brouillard. Le devant de la poussette fend les vapeurs d’eau. – Donne-moi la main, papa. – Ok ma fille. Si tu savais comment ton père est joyeux quand nous marchons main dans la main. C’est un sentiment d’amour qui fait éclater un feu d’artifice dans les synapses. Les gestes, les contacts vont parfois plus loin que le verbe.

Une fois à l’école, Clara dépose son sac-à-dos et enlève son habit de neige pendant que Louis et moi poursuivons notre trajet vers la garderie, au pied du viaduc Rosemont.

Dans les ruelles, pas de bruits sinon les ploc de la neige qui fond et tombe dans les flaques. Le monde du matin est si différent de celui de la nuit. Le café remplace l’alcool, l’éveil, les conversations banales et approximatives, les muscles faciaux pas encore bien étirés,  remplacent l’euphorie et l’attente de quelque chose de merveilleux, d’extraordinaire qui arrive lorsque l’on goûte la saveur du temps qui passe à travers l’ivresse des profondeurs.

Le matin, nul besoin de bathyscaphe, on nage en eaux douces, dans les rivières calmes qui déroulent tout doucement leurs algues comme autant de mains saluant un, puis des voisins, des voisines, le barrista, la boulangère, etc.

C’est la communion des lèves-tôt.

Arrivé à la garderie, j’embrasse coco, salue chaleureusement Marlène et repars en me demandant où je vais bien pouvoir aller aujourd’hui.

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