PAR MICHÈLE HOULE

 

Les matins poursuivent la vie pour me l’offrir avant même que j’ouvre les yeux.

matin tout recroquevillé
dans les plis de la nuit

matin trop tôt venu
y reprendre un collier non perlé

matin sonore de pépiements
d’allure de printemps            de printemps

matin chagrin
paupières humides et closes sans lumière

matin noir-bleu
tout endolori        dans l’ennui

matin flottant        muet
dimanche matin urbain

matin tout de blanc vêtu
beaucoup trop tôt venu

matin sans aurore
sans espoir, avec rien        sans chien

matin aux jours comptés
fleurs fléchies                  d’automnes irréfléchis

matin obscurci
d’un laisser-aller indomptable

matin sans cesse renouvelé
revenu des pays sans escale

matin des magiciens
où le rêve se poursuit          s’entrevoit même

matin gris souris
aux nuages qui roulent sous le vent

matin indifférent
de tristesse hélas attardée

matins aux chants si perçants
si persévérants             oh n’arrête pas ton air

matin des flâneries
je m’accroche à ma rêverie de la nuit

matin en pointillé
jour à ramasser           à recoudre

matin toutes trompettes dehors
sourires éclatants des notes sonores

matin aux étoiles givrées
indique moi ce nord mordant de douceur

matin aux rêves irisés
sur la grande toile colorée

je te touche

 

 

 

 

 

 

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