PAR MARIE-EVE DESROCHERS HOGUE

Traversant le mur de ma chambre, la voix claire de mon fils perce mon sommeil comme un gazouillement. Sourire aux lèvres, je l’écoute parler dans sa langue chantante.

Des bribes de rêves se confondent à mes souvenirs de la veille. J’y ai revu de vieilles connaissances, qui m’ont rappelé un temps où je faisais corps avec ma jeunesse. Soirées de désir, d’ivresse et de désordre, où le ciel venait bleuir derrière les vitres, puis blanchir sous mes pas. Le temps reprenait son souffle, puis le soleil, sa course, alors qu’en plein décalage horaire, merveilleusement vide et immobile, je pénétrais dans la nuit de ma conscience.

Assis dans sa frêle embarcation, en compagnie d’un équipage de peluches, mon garçon chevauche les vagues du devenir, peintes à la gouache sur l’autre face du mur.

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