PAR CAROLE-ANNE DÉRY

 

Battements de paupières d’abord, puis nuage de condensation qui accompagne le souffle.

J’ai la laine aux pieds, la tuque aux oreilles. Le soleil, tout juste levé, peine à traverser les vitres embuées. Mes mouvements sont ralentis par le désir de le laisser dormir. La tête penchée pour ne pas heurter le plafond, j’enfile mes bottes de marche qui trainent sous le matelas, coincées entre le siège et le mini-frigo. Je sors sur un gazon durci par le givre, blanc pour la première fois du voyage. La porte émet un petit bruit électrique lorsque je la referme en douceur. Les arbres pleuvent des feuilles mortes, ça commence à sentir Noël.

Décidément, traverser l’Écosse en caravane, ce n’est pas une lune de miel luxueuse, mais maudit que c’était une bonne idée.

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Réveil prématuré obligé – le traversier quitte Port Ellen à 9h.

Nous avons dormi dans le stationnement d’une petite plage sur l’île aux whiskys, l’île qui regorge de distilleries. C’est la piqûre glacée de l’Atlantique d’octobre qui nous réveille jusqu’aux os. On se baigne en sous-vêtements, malgré le rire de cet Écossais promenant son chien sur le sable, son fou-rire signifiant « ah! les jeunes! » (ou peut-être était-ce « ah! les touristes! », nous ne sommes plus si jeunes…).

 

Nous quittons aujourd’hui Islay vers le main land, et bientôt l’Europe pour la vie qui nous attend.

À bientôt, traverseux/ses xx

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