PAR CAROLE-ANNE DÉRY

5h: Bonne nuit, Laval.

La sœur vient de partir pour le Nunavik. Je n’ai pas encore dormi. Je referme la porte derrière elle, jusqu’à Noël. L’air est frais, une brise. Je ferme les yeux. Déni.

Ma journée se termine, sommeil.

Sommeil.

Sommeil.

Un matin hors de la lenteur, précipité par les conséquences de huit snoozes.

Autobus – déambulation accélérée.

La rivière est calme, plissée. Miroir-frimas.

Je n’ai pas bu de café ni mangé. Yeux encore bouffis.

Le soleil a trouvé le moyen de réchauffer l’air du monde. En si peu de temps.

Petite barque à l’ombre du pont de la 25. Voiture en attente à quelques mètres de la rivière, sur la garnotte de bord de route.

Trajet effectué des milliers de fois. Je ne connais personne dans l’autobus, mais impression de familier, sans doute déjà croisé quelques visages de mon quartier d’enfance.

Piste cyclable déserte.

Habituelles hordes de bernaches sur le terrain face au Vieux Pen.

Vieux St-Vincent-de-Paul. Ancien club à vendre depuis 10 ans.

En textant « bon matin » à l’autre sœur, je tape « bon marin ». Sourire.

Courbe.

Pont.

12h15: Bon matin, Montréal.

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