PAR CHLOË ROLLAND

On pensait travailler, mais on lit. On pensait lire, mais on fixe les dessins du soleil sur un moustiquaire. On pensait sortir les poubelles, mais on flâne. On pensait marcher en pantoufles, mais on marche nus pieds.

Le pas est lent et la terre est humide. Je croise un goéland à l’aile brisée qui semble chercher en me fuyant sa dernière cachette.

C’est un lieu de l’enfance que je visite peut-être pour la dernière fois. Et le sentiment est ambivalent, entre la tristesse et la reconnaissance.

J’ai laissé mes cheveux sécher en broussaille en espérant entendre la voix haut perchée de feue ma grand-mère me dire d’aller me peigner.

C’est un matin d’au revoir. Et Pointe-au-Pic fait silence.

Le reste attendra.

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